• Fin du voyage

    Le retour sur terre fut difficile mais Mon capitaine après avoir subi plusieurs hospitalisations  en cardiologie ne pouvait pas renoncer ainsi  à sa passion. C’est après plusieurs et longues discutions que je cédais  à son désir de  racheter à nouveau un voilier promettant de ne plus faire de  haute mer  seulement du côtier plus  raisonnable en cas de problème.

    Je dois dire que l’angoisse étant toujours présente, nos cabotages dans les différents ports de Méditerranée ne m’ont pas apportés le même plaisir que ce que nous avions déjà vécus.

    Une dernière mais courte hospitalisation de mon capitaine me fit prendre une décision radicale.

    Le bateau c’était terminé !

    Ma décision était sans appel et il le savait et le comprenait, on ne joue pas avec  la santé.

    C’est la mort dans l’âme que nous revendîmes ce dernier bateau  de transition.

    Notre Tiki  toujours présent   trônant sur  un meuble nous rappelle en permanence ce beau voyage inoubliable.

    Depuis nous errons  sur terre de  villes en villes comme deux âmes en peine en quête d’aventures sachant très bien que nous ne trouverons plus jamais un port d’attache qui nous comble.

    Téva enfant du voyage en polynésien portait bien son nom.

    Fin du voyage

    Merci à toutes celles et ceux qui m'ont lus connus ou inconnus ...

    Merci à Annette pour sa fidélité dans  sa lecture et dans les commentaires.

     


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  • 28 Le destin frappe encore

    Le temps de profiter  de cette escale nous envisagions la poursuite de notre voyage vers d’autres eaux encore plus lointaines sans penser que le destin en aurait décidé autrement.

    Hélas mon chéri montra quelques  signes de mauvais augure, déjà traité pour  de l’hypertension, la chaleur accablante des tropiques avait aggravé son état. Après avoir consulté un médecin à Pointe à Pitre la sentence est tombée comme un  couperet. Le climat était déconseillé pour son cas et son cœur en souffrait,  sa tension très haute (25 :15) lors de sa visite l’affola un peu et lui  déconseilla de rester dans ce climat. De plus le bateau n’étant pas climatisé »   cela devenait trop dangereux pour son état de santé. Il ne m’a pas fallu longtemps pour prendre la décision qui s’imposait. Nous devions rentrer en métropole de toute urgence. C’était  sans appel !

    Mais que faire du bateau pas question de le ramener, la route de retour  par les Açores était encore plus longue donc c’est avec  un déchirement au cœur que nous avons décidé  de le mettre en vente. La chance était avec nous car un vétérinaire était venu  nous saluer lors de notre arrivée, c’est de coutume lorsqu’un navire arrive de faire la traversée ; Nous avions bien sympathisé et lorsque nous lui avons appris la nouvelle de notre mise en vente il a fait l’acquisition de Téva.

    A croire  qu’il attendait cela pour lui aussi franchir un pas.

    Adieu Téva !

    Nous pouvions rentrer en métropole avec ce souci en moins.

    Les billets d’avion achetés nous sommes partis avec deux valises sans oublier notre Tiki et douze heures plus tard nous atterrissions à Paris dans la grisaille du petit matin.


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  •  

    27Le grand saut

    Nous n’étions pas  les seuls  ce matin là à partir. Les uns après les autres les bateaux quittaient le mouillage, d’autres s’éternisaient dans de grands adieux, des cornes de brume annonçaient le départ imminent en partance pour la grande traversée. Tous  ceux qui l’ont vécus s’en souviennent encore, c’est un grand moment d’émotion, et un bonheur immense. On pense alors à tous ceux qui sont restés à quai en voyant leurs rêves avortés.

    Puis une fois en mer on se prépare moralement car la route est longue avant de  rejoindre les Antilles et La Martinique pour la plus part, cela ne dure que peu de temps pris par les occupations de la navigation.

    Les alizés étaient enfin là, Thomas mis le cap sur les Antilles et vogue la galère.

    Nous étions en relation radio avec un « routeur » (personne à terre qui suit votre route et vous donne des précisions météos par avance). C’était un ancien marin qui avait fait le trajet plusieurs fois et connaissait bien le lieu et  les caprices de la météo Il nous prévenait quand un mauvais temps allait arriver  sur nous. Comme ça nous avions le temps de nous préparer pour parer au grain. Une chance de l’avoir croisé sur le fréquences de la  radio maritime, sacré Daniel il nous a bien aidé et nous nous sentions un peu moins  seul. Tous les matins à une heure précise nous avions la météo détaillée, quelques nouvelles et même un jour  un certain  21Janvier j’ai eu droit à un « Joyeux anniversaire »  croyez moi quand on est seul au milieu de cet immense océan cela fait du bien au moral.

    Rien de particulier sur ce long trajet, personne en vue, que de l’eau, des vagues de  cinq ou six mètres,  du gros temps une fois à nous obliger à nous enfermer dans le carré tellement il pleuvait et où les vagues remplissaient   d’eau  de mer le Cockpit. Thomas avait calé la barre pour garder le bon cap et était renté s’abriter à l’intérieur. Les instruments  de mesure sur la table à carte comme le radar le G P S  le compas, le renseignait suffisamment sans être mouillé comme uns soupe. Nous avons passés ces trois jours  enfermés dans le bateau à lire, puis le beau temps est revenu.

    Je me souviens d’un moment un jour moi à la barre pendant que Thomas dormait un peu j’avais mis le baladeur avec le casque  sur les oreilles, j’écoutais Johnny avec  son plus bel album «  sang pour sang » et je chantais à tue- tête  « Vivre pour le meilleur…. » En plein océan perdu au milieu de nulle part sans personne pour vous secourir seulement de l’eau à perte de vue, le bruit des vagues et des voiles qui claquent le bateau qui gîte tellement les voiles étaient gonflées. Le bonheur à l’état pur !

    27 Jours sans voir la terre. Cela me rappelle une chanson « cargo de nuit ».

    En tout et pour tout nous n’avons croisé qu’un seul  cargo au loin entre deux creux de vagues de sept à huit mètres( je sais  je suis de Marseille mais là c’était vrai). Durant tout ce trajet  je ne me suis jamais ennuyée, les journées passaient vite entre la pêche, la lecture, les repas et regarder la mer et les vagues au loin, les nuages aussi qui changent au gré des vents. Ce qui fait que lorsque un matin nous avons aperçus  des dauphins nous savions que la terre n’était pas loin car en plein océan nous n’en avons jamais aperçu. Un cachalot une fois seulement.

    Nous nous rapprochions de notre destination mais nous avons changé de cap pour arriver plutôt à Pointe A pitre car j’avais ma meilleure amie qui habitait là-bas. C’est vrai que l’on s’allongeait de quelques miles mais qu’importe nous n’étions pas pressés d’arriver.

    Je dormais bien cette nuit là quand Thomas sur le matin est venu me réveiller.

    Terre !

    La Désirade s’étirait sur notre tribord les cocotiers bordant les plages se rapprochaient de nous on arrivait au port nous retrouvions la civilisation en arrivant au terme de Dix mille miles…(Un peu plus de vingt mille kilomètres en mer.)

    Nous arrivions après  vingt sept jours en mer  sans escale.. On sentait l’odeur de la terre, de l’humus, curieuse sensation que j’ai encore en mémoire.

     Nous aurions dus être heureux d’avoir réussi, mais un sentiment étrange nous avait envahi, voila c’était déjà fini !

    On l’avait fait!

    Ce  rêve venait de se réaliser sans encombres avec de beaux et inoubliables  souvenirs qui ne partiront jamais.

     27 le grand saut


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  • 26 Gilbraltar

    Gibraltar*, ce nom  bien connus des navigateurs qui sont le passage des eaux de la mer Méditerranée et de l’océan Atlantique

    Il est aussi  source  de conflit avec les Espagnols encore plus aujourd’hui avec « Le Brexit » Mais c’est aussi le passage pour se rendre aux Iles canaries et ce détroit n’est pas de tout repos, beaucoup de marins le craignent. Ce  croisement des deux eaux forme des  tourbillons qui malmènent les bateaux. Il faut attendre une fois encore les vents favorables pour traverser ce détroit. Beaucoup ont renoncés à cet endroit là car le retour est difficile  en sens inverse.

    Cela à été le cas pour nous nous avons dus attendre  bien quelques jours pour que la fenêtre météo courte mais suffisante nous permette de passer le détroit sans trop de  mal.

    Quel changement radical des vagues. En mer méditerranée les vagues  sont courtes et cassantes,  sur l’océan elles  sont longues et lentes. Ce changement de navigation était  bienvenue  car en méditerranée c’est plus fatiguant d’autant que la météo change très vite en une heure le temps change du tout au tout, ce qui n’est pas le cas  sur l’océan. On le voit  bien sur les prévisions météos qui sont bien plus précises sur l’océan.

    Il nous a fallu une semaine au moteur cette fois car les vents étaient inexistant « La Pétole » bien connue des marins, pour arriver  sur l’île de Lanzarote. Ile volcanique au sable noir, ça surprend !

    Nous y avons passés quelques jours rencontrés des gens passionnants, et entendus quelques belles histoires, pas piquée des vers. Des  sacs jetés à terre sur les pontons, des engueulades et j’en passe.

    Je l’ai déjà dit sur un bateau aussi grand  qu’il soit il y a la promiscuité, et les couples peu solides n’y en réchappent pas. Il faut vraiment  être en parfait accord pour passer au moins une semaine en mer sans toucher la terre pour savoir si on est fait pour rester ensemble ou pas. Belle expérience à faire avant le mariage, hihihi

    Après nous être un peu reposés nous voila repartis ver Las Palmas de Gran Canaria

    Où nous y avons séjourné encore une semaine, on y a rencontré beaucoup de Français avec de beaux échanges.

    On y trouve aussi des navires (bateaux) peu cher. Des capitaines de bateaux découragés ou la peur d’avancer plus loin ont souvent  mis leurs bateaux en vente à cet endroit là.

    Sacré port « Puerto Blanco » ou beaucoup de monde en attente  des vents favorables  ou chacun exprime son projet, ou  ses expériences, des conseils aussi  sont donnés toujours bon à prendre. IL y a aussi  bien sur les m’as-tu –vus qui en savent plus que les autres ça existe aussi en mer. IL faut  bien de tout pour faire un monde. En général ceux là on les retrouve  toujours au même endroit  car ils n’ont jamais   franchis le pas d’aller plus loin. Il y a loin de la parole aux actes.( ou de la coupe aux lèvres).

    Je parle beaucoup des vents favorables mais les voiliers sont faits pour être à la voile pas au moteur. Le moteur ne sert en général que pour les entrées et sorties de ports ou quand les vents en mers sont inexistants d’où le mot « pétole ».

    Nous étions en attente de la météo tous les jours car le vent des Alizés celui qui nous mène droit aux Antilles avec un courant  naturel à 3 Nœuds*  pour le moment n’était pas encore présent ou pas assez fort. Certains attentent à las palmas et partent  directement sur les Antilles quand les Alizés  sont là.

    Cette année là nous avons dus attendre plus longtemps et descendre bien plus bas que Cabo verde (Cap vert) pour enfin trouver le courant favorable pour la traversée.

    En route vers le Cap vert nous avons  pus voir des îles magnifiques et nous sous sommes arrêtés  à Mindelo* une des îles du cap vert pour faire le plein d’eau de gas- oil et de vivres fraîches. Attendre encore quelques jours. Nous avons rencontrés cette fois des amis  navigateurs  perdus de vue  avec un réel plaisir mais eux allaient  sur le brésil. Encore beaucoup d’apéros et  de paroles des conseils des histoires à faire peur aussi, mais aussi  pas mal d’appréhensions.

    Car cette fois ça y était on ne pouvait plus reculer. C’est comme  si  vous aviez une très grande porte ouverte devant  vous sans pouvoir vous retourner, il fallait aller droit devant. Et devant c’était de l’eau à perte de vue pendant plusieurs jours sans pouvoir s’arrêter à terre.

    S’il y avait un problème quelconque on devait se débrouiller par nous même.

    Quelques bateaux naviguaient  ensemble   par sécurité, mais nous non, bien sur. Nous étions trop indépendant  ou trop lent pour faire  route ensemble avec d’autres. Notre appréhension en était  donc encore plus grande.

    Pourtant je n’en avais pas beaucoup je préférais ne pas y penser j’avais confiance en mon capitaine chéri et puis ma dose d’inconscience me disait que tout irait bien et ce fut le cas, comme quoi il faut avoir toujours confiance.

    Nous étions à Noël  encore un souvenir formidable ,plusieurs bateaux éclairés dans une baie au mouillage on entendait chanter, rire, quel bonheur.

    Une semaine était passée et les alizés se faisaient attendre, tout le monde commençait à s’impatienter puis enfin la météo nous redonnait le moral on allait pouvoir partir. On avait déjà bien senti la veille du jour  de l’an que ça bougeait, tous les  gens  sur bateaux s’agitaient, pliaient les voiles rangeaient  tout sur les ponts.

    Que rêver de plus un 31 décembre sur l’eau avec les lumières de la ville de Mindélo* le feu d’artifices fait en faveur des marins en attente  du grand départ, car le jour J était enfin arrivé, c’était pour demain !

    Une petite anecdote lorsque que  dans la nuit nous entendions  sur le côté du bateau des clapotis, et en se penchant on pouvait apercevoir des petits requins tourner autour des bateaux, ils venaient chercher quelques nourritures jetés par-dessus bord. Il valait mieux ne pas prendre de bains de minuit.

    Très tôt le matin du premier janvier nous levions l’ancre pour la grande aventure...

     

    * Gibraltar

    Territoire Britannique d'outre-mer

    Gibraltar est un territoire britannique d'outre-mer sur un promontoire situé sur la côte sud de l'Espagne et dominé par le rocher de Gibraltar, une crête calcaire de 426 m de hauteur. Tout d'abord occupé par les Maures au Moyen Âge, puis gouverné par l'Espagne, cet avant-poste a été cédé aux Britanniques en 1713

    @source·  spagne. État du sud-ouest de l'Europe, l'Espagne est baignée à l'ouest par l'océan Atlantique et à l'est par la Méditerranée. Occupant la majeure partie de la péninsule...

     

    • Nœud = 1 mille à l’heure = 1,6km à l’heure

     

    *Mindelo

    Ville à São Vicente, Cap-Vert

    Mindelo est une ville du Cap-Vert, située sur l'île de São Vicente, dont elle est la ville principale. Deuxième ville du pays, elle est tenue pour la capitale culturelle du Cap-Vert. Wikipédia

    Superficie : 67 km²    

     


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  • 25 L’Espagne

    Pour continuer notre périple, depuis la Corse nous avons pris le cap de l'Espagne. Un arrêt de quelques jours sur l'ile d'Ibiza, mythique autant pour les fêtards que pour les nostalgiques d'un passé hippie nous a permis une première approche de la langue Espagnole... dont nous ne savions pas un mot !

    Ce furent quelques jours passés en compagnie de bateaux aussi grands et magnifiques que ceux rencontrés du côté de St Tropez en été. Eux n'avaient pas de problèmes de  frigo !...  Il faut dire que notre voilier, si c'était notre domaine et que nous en étions fiers, se sentait bien petit face à ces "monstres" motorisés pourvus d'un équipage important dont les membres s'affairaient à longueur de temps pour leur garder leur beauté originelle.

    Nous y avons passé de bons moments et  fait de rares mais belles rencontres.

    Mais l'envie d'avancer nous tenaillait car nous avions envie de voir autre chose avant l'échéance prévue des alizées,  à partir du mois de novembre  lorsque la période des cyclones se calmait, ceux-ci bien utiles pour traverser l'océan Atlantique.

    En attendant donc cette période favorable, nous avons en avons profité pour faire escale dans plusieurs  ports en Espagne  puis nous nous sommes dirigés vers la Tunisie, après deux escales en Algérie, avant de revenir vers l'Espagne puis nous diriger vers  Gibraltar, le moment propice était arrivé,  afin de rejoindre l'océan.

    L'océan s'ouvrait devant nous et nous avions pris le cap des iles Canaries  avant de faire escale dans les îles  du cap vert puis enfin entamer la grande traversée  jusqu'en Guadeloupe.

     


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  • 24  On a eu aussi des frayeurs

    Tout ne fut pas  si facile, en mer tout peut arriver même les  choses  les plus inattendues.

    C’est pour  cette raison que le capitaine doit  toujours anticiper, surveiller la météo, le ciel etc. C’est ainsi qu’un jour en longeant les côtes espagnoles et que  la mer était  plutôt calme mais au loin on  apercevait un orage en cours,  les voiles étaient toutes dehors nous avancions gentiment.

    Nous avons aperçu au loin un bel arc-en-ciel, superbe quand soudain un forte risée(vent) est venue nous prendre sur le côté et avec un force énorme est venue coucher le bateau.. Heureusement que Thomas était à la barre et à pu  le redresser en bataillant  pour le remettre  droit sur l’eau.. Grosse frayeur  vous pouvez me croire. L’avantage  d’un monocoque (une seule quille)contrairement à un catamaran, c’est que la quille du bateau se redresse automatiquement sauf  si trop de poids  d’un côté l’en  empêche, ce qui aurait pu être le cas  si les voiles s’étaient enfoncées  trop dans l’eau.

    Plus de peur que de mal sauf que  dans le carré tout avait dégringolé et c’était le bazar. Cela m’a  appris que tout doit être  bien rangé avant un départ en mer.

    La mer  et le bateau c’est  une succession de leçons  et on apprend vite à ses dépends.

    Une autre fois ce fut une avarie,l’eau rentrait dangereusement dans la cale. Nous étions face à l’Algérie et on nous avait conseillé d’éviter ce secteur peu accueillant. Pourtant il y avait urgence  sous peine de voir le bateau se remplir d’eau et couler. Après avoir lancé un appel de détresse par la radio « Pan Pan Pan » code pour annoncer une urgence mécanique. Le code  « Mayday » étant réservé pour les personnes en détresse ou cas grave si le bateau coule par exemple.

    Ainsi l’appel lancé il y a toujours une surveillance par  radio pour venir en aide aux navigateurs et surtout être entendu.

    La réponse fut longue à venir cette fois là. Mais elle arriva enfin, accompagné d’un bateau de l’armée Algérienne qui était en approche. C’était impressionnant de les voir, armés  jusqu ‘aux dents de mitraillettes. Ils étaient au moins  six  ou huit dans  leur embarcation et pas envie de rire je vous l’affirme. Heureusement ils parlaient Français et Thomas leur a expliqué notre problème. Ils  sont tous montés à bord  pour vérifier la véracité de ses propos. Effectivement  le carré était déjà bien rempli d’eau et il fallait se dépêcher. Plusieurs appels lancés en Arabe par les autorités maritime, nous fumes dirigés ensuite  et surtout accompagnés dans un port Minéralier de Djendjen. Là je dois dire que nous furent très bien accueillis, le capitaine du port  Monsieur Tatar s’est mis en quatre pour amener des pompes pour évacuer l’eau qui commençait en envahir le bateau dangereusement. Puis en fin d’après midi ils ont sortis le bateau pour le mettre au sec sur *ber.

    Notre surprise  fut encore plus grande lorsqu’il nous invita à aller dormir  sur un navire un « Abeille » bateau maritime surnommé ainsi  pour les sauvetages en mer. IL nous a expliqué qu’il était hors de question que nous dormions  dans  notre bateau posé ainsi sur le ber,  trop dangereux. Après on me dira  que les Algériens ne sont pas accueillants.

    Cette soirée en compagnie de l’équipage de  « l’Abeille » restera un beau souvenir dans nos mémoires. Effectivement car en plus d’un lit nous avons eu droit au repas et cerise  sur le gâteau nous avons pu assister à une sortie en mer pour un sauvetage et s’il vous plaît dans le poste  de pilotage, nous avons pu assister à toutes les manoeuvres, chose rare pour un citoyen lambda.

    Ils nous ont nettoyé la coque, réparé la fuite d’eau. Tous les jours le capitaine nous amenait  du pain frais et le  journal. Nous avions quand même un militaire devant le bateau pour notre sécurité disait il. Je crois  surtout que c’était pour que aucune personne ne puisse se cacher à bord comme les migrants a calais.

    Nous sommes  restés une semaine et lors du départ nous nous attendions à payer une facture bien salée ; Surprise, et non nous dit   le Capitaine Tatar on doit sauver la vie aux personnes en mer et vous ne devez rien. Je  vous demanderai juste de me faire une photo avec ma petite fille. Et dire aux gens que les Algériens ne sont pas tous méchants et qu’ils peuvent  venir en Algérie sans se faire agresser. IL nous  a  expliqué qu’il souffrait des  rumeurs colportées sur eux et bien sur aucun touriste ne  s’aventurait dans ces eaux là. Pourtant il y a des plages splendides mais c’est ainsi.

    Mon chéri  a proposé de  faire paraître un article  sur la revue bateau lue par  tous les plaisanciers pour raconter  notre aventure et l’accueil  que nous y avions reçus. Ce qui fut  fait. Une grande page a été consacrée à cet article. Car il faut savoir une chose quand on a une avarie en mer et si une personne vient à votre secours et vous tends la perche et monte à bord de votre bateau le bateau lui appartient. Car on sauve les personnes mais le reste est considéré comme  fortune de mer. C’est une loi maritime !

    Donc si on considère la chose, on aurait du perdre notre bateau. Et repartir avec nos valises et c’est tout bien content

    d’avoir eu la vie sauve.

    Souvenirs, souvenirs…..

     

     

     

     

    24 on a eu quelques frayeurs

                 24 on a eu quelques frayeurs                                                 l'Abeille

    24 on a eu quelques frayeurs

    24 on a eu quelques frayeurs

     

    24 on a eu quelques frayeurs

    *Ber : Un ber ou berceau est une charpente de bois qui supporte un navire et glisse avec lui pendant le lancement. On appelle aussi ber un appareil dans lequel on place un bateau pour le haler à terre, sur un slipway par exemple (voir ber roulant de Big Chute), ou pour le maintenir droit pendant les

    24 on a eu quelques frayeurs

    réparations ou le transport par voie ferrée ; ce type de ber peut avoir des roues1.

     

     

     

     

     

     

     


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  • 23 Carte de notre périple depuis Gibraltar à Pointe A Pitre. En marron c'est la terre et  en bleu c'est la mer.

    Il faut l'agrandir pour y voir  un peu mieux.

    Voici la carte


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  • 22 Voici quelques infos supplémentaires

    On m’a souvent demandé si je ne m’étais pas ennuyé pendant  tout ce temps passé en mer ?

    Non, le temps est passé très vite car  sur un voilier  il y a beaucoup de choses à  faire. Quand on arrive de navigation après quelques  jours, les cordages en priorité sont à ranger car il faut  remettre le bateau en état, et croyez moi il y a du boulot. Laver le pont pour enlever l’eau salée  qui s’y est déversé, ranger les voiles  les replier  et prêtes pour un prochain départ. Ranger aussi les équipés (placards) laver et ranger les vêtements de navigation veste de quarts, bottes, gants etc.

    Sur un voilier il y a toujours quelques chose à faire d’où ma ligne svelte ainsi que celle de mon chéri. De plus pour parler de cela la vie en bateau est différente de celle sur terre, on mange différemment et parfois quand on peut. Les  sauces et plats très riches en graisse ne sont pas de mises à bord. La cuisine assez petite enfin plus petite que sur terre ne permet pas de faire de la grande cuisine à part bien sur d’être sur un plus gros bateau, ce qui n’était pas notre cas.

    Les repas  sont vîtes pris et dépendent de la météo, les horaires  sont donc irréguliers (secret  pour garder une  ligne mince, hihihi).

    Nous avions un  * Déssalinisateur pour avoir de l’eau douce, car pour notre traversée de l’océan Atlantique on ne pouvait pas  s’approvisionner dans chaque port comme lorsque nous étions en méditerranée. IL y a bien une réserve d’eau à bord  du bateau mais insuffisante pour une longue traversée.Une fois la route prise il n’y avait plus que de l’eau à courir donc il fallait bien prévoir pour faire de l’eau douce indispensable bien sur. Nous avions aussi des panneaux solaires pour recharger les batteries, et une petite éolienne. Nous devions être autonome car une fois  sur l’océan nous devions nous débrouiller par  nous même. C’est ainsi que pour les protéines  la pêche était notre seule ressource. Les provisions en frais du départ s’envolent  vîtes. Il faut économiser l’énergie et  le gas-oil, donc pour faire tourner un congélateur ou un frigo  il faut beaucoup de panneaux solaires, et nous étions limités en place. Donc en mer pas de frigo.

    Bien sur lorsque nous  arrivions dans un port on rechargeais les batteries mais sur l’océan impossible de le faire.

    Au début on pêchait des petits Thons on les mangeaient en sushi, excellent puis est venu le temps des * Dorades coryphenes on ne pêchait plus de thon. On s’en est dégoûtés tellement mon chéri en pêchait. On les faisait à la poêle, grillés, frites etc. Voir les photos  sur l’album..

    Nous avions emportés beaucoup de conserves, les cales  du bateau étaient pleines de nourriture. La ligne de flottaison était à la limité autorisée (si elle rentre  trop dans l’eau  le bateau peut  chavirer et couler).

    Nous partions pour de longues années en mer  et on devait  tout prévoir, ce qui fut fait.

    Pour les déchets en haute mer on ne les jetait pas à l’eau comme le font certains plaisanciers indélicats. On compressait les boites  car  on n’avait peu de  verres. On brûlait tout ce que l’on pouvait en faisant attention, puis  tous les déchet  de nourriture partaient à l’eau les poissons s’en débrouillaient. Ensuite arrivés sur la terre ferme on vidait tout dans les containers.

    Sauf Au Cap vert où les habitants prenaient  nos déchets et les recyclaient. Ils  sont très pauvres et étaient très heureux de récupérer tout ce qu’ils pouvaient.

    La lecture occupait aussi  beaucoup  notre temps, et regarder la mer qui change tout le temps a été un réel plaisir. Loin du bruit loin de tout et seuls.

    La suite plus tard.

     

    Quelques infos supplémentaires

    *Coryphène dorade Poisson

    Change de couleur une fois sortie de l'eau.

    Le coryphène, ou dorade coryphène ou mahi-mahi, est un gros poisson que l'on peut trouver dans les régions tropicales et subtropicales de tous les océans, et occasionnellement en Méditerranée. Wikipédia

    Nom scientifique : Coryphaena hippurus

    Famille : Coryphaenidae

    Ordre : Perciformes

    Poids : 22 kg (Adulte) Encyclopédie de la Vie

    index

    Longueur : 86 – 140 cm

    Espérance de vie : 7 ans

     

    * DESSALINISATEUR

    Un appareil de sorcier transforme l'eau de mer en eau douce : le dessalinisateur.

    Le principe est simple : on pousse l'eau de mer à 60 bars au travers d'un filtre particulier qui est perméable aux molécules d'eau et retient le sel et tous éléments indésirables. La mise en œuvre est plus complexe, car l'eau étant incompressible, il faut utiliser une pompe particulière pour amener le liquide à cette pression, et surtout, il ne faut pas envoyer de l'eau impure dans les tanks au risque de contaminer tout le stock. Le marché pour la plaisance offre une très large gamme de marques et de capacités, allant depuis l'appareil manuel qui produit 1.5 litres/heure (pour la survie) aux grosses unités 380 V de 300 litres/heure en passant par une gamme 12/24V pour 30 à 100 litres/heure. Il y en a pour toutes les bourses. Il y avait même un modèle exotique tracté derrière le voilier et équipé d'une petite hélice pour compresser l'eau de mer. L'eau douce revient vers le bateau par un mince tuyau … pour les petits croiseurs en grande traversée. Cette société (Waterlog) et son produit semblent avoir disparus.

     

     

     


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  • 21 Arrivée en Corse

    Au travers d'une brume légère dans le jour naissant, la barrière d'un relief tourmenté surmonté par un haut sommet pointé vers le ciel se devinait devant nous. 

    La Corse se trouvait bien au rendez-vous.

    Plutôt que de s’arrêter, comme initialement prévu, dans ce mouillage que l’on devinait caché au fond d'une anse confondue dans le relief tourmenté, mon chéri avait  préféré continuer vers le petit port de Cargèse pour prendre une bonne douche chaude pour éliminer le sel qui nous imprégnait et surtout pour fêter dignement au restaurant ce baptême ( mon premier baptême)de notre première nuit passée loin de toute terre visible.

    Ce changement de cap allait nous permettre de profiter pleinement d’un paysage superbe dont on se privait en ne voyageant que par la terre.

    C’était une magnifique carte postale panoramique qui allait s’enregistrer sur notre rétine avec tous ses contrastes, ses écueils découpés par la main d’un géant, ses grottes à fleur d’eau et ses plages de sable immaculé protégées par de hautes murailles qui les rendaient inaccessibles dans cette contrée modelée par les dieux.

    De ces quelques jours passés en ces lieux attrayants, que retenir ?

    Très peu de choses en réalité car il nous était difficile d’aller au delà du port sans moyen de locomotion et connaissant par ailleurs l’intérieur de cette contrée, nous n’avions aucune intention de grever notre budget en transport en commun pour d’inutiles pérégrinations, plus intéressés par les escales à venir dans des terres nous étant encore inconnues.

    Fidèles à notre programme nous allions poursuivre nos pérégrinations vers les îles Baléares, navigation un peu plus importante que jusqu'alors.

    L’initiation à la navigation de nuit ayant été accomplie sans encombre, mon appréhension s’était totalement évanouie malgré les deux cent cinquante miles qui s’étiraient maintenant devant notre étrave. (Avant du bateau)

    Pourtant, contrairement à notre désir de partir rapidement, suite à un premier départ avorté faute de vent, nous allions devoir prolonger notre séjour en territoire Corse quelques jours de plus dans l’attente d’un souffle hypothétique qui se déciderait à gonfler enfin nos voiles dans le bon sens.

    La patience en bateau est mise  à rudes épreuves car c’est la météo et les vents qui décident du départ.

    21 Arrivée en Corse

     

     


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  • 20 Porquerolles

    Les escales dans différends ports se succédaient dans l’écoulement d’une vie rythmée seulement par l’insouciance du lendemain et les quelques rencontres rapides avec d’autres plaisanciers. Chaque personne y allait de son conseil ou de son anecdote, de sa sentence selon sa sensibilité ou sa propre expérience. Les apérots furent nombreux  dans ce périple et après on dit  que les marins boivent beaucoup…

    Je n’avais pas encore passé une seule nuit en mer, mais mon capitaine me réservait une surprise. Pour aller en Corse il fallait passer une nuit en mer.

    Après avoir fait une escale à Marseille de quelques jours notre prochaine destination était Porquerolles via la Corse.

    Pendant le voyage qui nous amènerait vers Porquerolles nous avions eu le bonheur d’apercevoir nos premiers dauphins et submergés par une joie immense nous nous étions rués à l'avant, armés de notre caméscope pour les suivre dans leurs ébats.

    Oubliant les manœuvres et le cap à suivre, Thomas avait  lâché la barre pour laisser Teva voguer seul, maître de sa route au gré du vent, seulement préoccupés par cette vision magique.

    Penchés dangereusement par dessus les câbles des filières de protection, dérisoires rambardes, pour être au plus près de l’eau, nous étions redevenus des gamins excités, aux yeux écarquillés par le bonheur de cette rencontre.

    Étaient-ils des poissons, étaient-ils des mammifères ou alors des créatures de légende… Étaient-ils réellement dotés de capacités uniques ?

    QUI pouvaient-ils vraiment être...

    Ces moments là je ne les oublierais jamais, voir évoluer ainsi ces dauphins en toute liberté furent des  moment fabuleux.

    Arrivés au port nous avons visités l’île qui est superbe et encore protégée.

    Nous avons pris un peu de repos pendant quelques jours avant  d’affronter ma première nuit en mer à la belle étoile.

    Tôt ce matin- là un bol de café vite avalé pendant la montée en température du moteur, des amarres larguées dans une nuit encore piquetée d’étoiles et de silence, ainsi Porquerolles nous laissait partir avec une petite pointe au cœur occasionnée par la vision de cette ouverture béante sur le large.

    Pendant que nous longions le sud de l’île, face à nous une aube dégagée de tout nuage, blanchissait peu à peu en laissant présager du beau temps. Notre navigation vers la Corse s’annonçait agréable.

    Les dauphins une fois encore étaient venus nous  saluer pour notre plus grand plaisir

     Nous avancions vers cette terre nouvelle dans une brise légère faisant à peine onduler une mer bien sage et Teva correctement calé sur sa route ne nécessitait pas d’attention particulière en nous laissant profiter pleinement du soleil dardant à pleins rayons sur nos corps libres de tout vêtement. Seul un petit oiseau venu de l’horizon était apparu comme par magie et voletait autour de notre embarcation sans doute désireux de nous tenir compagnie. Fébrilement, il parcourait la totalité des cordages depuis la pointe des mâts en descendant jusqu’au pont, voletant de la proue jusqu’à la poupe comme pour une inspection méticuleuse de ce perchoir mouvant. Allait-il venir avec nous jusqu’en Corse ? Mais non, brusquement il s’était envolé, se dirigeant droit vers un but invisible à nos yeux, minuscule grain de poussière entre le ciel et l’eau.

    Marseille

     

    Le bonheur se lit sur nos visages non?

    Les dauphins

    La nuit tombait  et on se préparait pour passer la nuit, j’avais tenu à être dehors avec mon capitaine pour rester près de lui et  après  avoir veillé tard  je passais ma première nuit allongé sur une banquette dans le Cockpit  pendant que Thomas à la barre m'emmenait vers la Corse

     

     

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    Terre !


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  • 19 En mer

    La mer avait  été gentille avec nous surtout avec moi pas trop de tangage plutôt une mer plate, on était donc au moteur, les voiles  seraient pour plus tard.

    Nous avions fait à peine quelques miles *(un mile égale un kilomètre  six cent) qu'un bateau s'approchait de nous il nous observait de loin, puis au bout d'un moment s'approcha rapidement. C'était le bateau  des affaires maritimes( la police maritime).

    Et oui même là ils y sont.

    Il est de coutume quand ils abordent un bateau pour un contrôle  d'envoyer une épuisette pour  y déposer  les papiers, permis etc. C'est assez amusant  sauf qu'eux ne rigole pas. Le temps de contrôler les identités et   quelques  questions subsidiaires, style où allez vous et pourquoi?

    Une fois satisfait ils repartent aussi tôt mais toujours sans le sourire. Un policier même en mer ça ne rigole jamais.

    C'est le seul contrôle que nous ayons eus en trois ans de nav (navigation). A croire que c'était pour me mettre dans l'ambiance.

    Pour notre première destination mon capitaine avait choisi un port peu éloigné de notre point de départ et ne nécessitant qu’une courte journée de navigation côtière dans un site que nous connaissions déjà. Quelques heures plus tard nous abordions notre premier port au rang de "vrais" navigateurs à La Grande Motte.

    Une fois les manœuvres de ports effectués  et Amarrés au quai de la Capitainerie, j’ai du aller m'occupper des   formalités nécessaires pour  l'obtention d'une place pour la nuit. C'est comme à l'hôtel, on paye d'abord;

    Puis  ensuite il  fallait ranger le désordre qui régnait à bord  du bateau car en mer on n'a pas le temps de ranger  on paré au plus pressé. Et cela  c'est le travail du mousse (moi)

    Une fois tout rangé on pouvait porter un toast à cette première étape et nouvelle  vie pour moi.

     

     

     


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  • 18 Top départ

    Je dois dire que ceci m’est resté encore aujourd’hui, même si les trajets se font désormais en voiture et plus en voilier

    La navigation est une excellente leçon de vie. On apprend à économiser l’énergie électrique (les batteries), l’eau, on évite tout gaspillage et on acquiert une rapidité dans l’action à toute épreuve. Les sens sont aiguisés pour l’anticipation car en mer la moindre minute perdue peut être synonyme de graves problèmes, sachant que la plupart des naufrages sont dus à une erreur humaine

    Sur le quai quelques personnes attendaient notre départ, il s’agissait de «connaissances de ponton» qui avaient appris l’heure de notre départ de ce matin-là.

    Le moment crucial était arrivé. Une légère brise marine s’était levée, il était temps de partir. Des embrassades, quelques recommandations, quelques larmes aussi, ont été les derniers instants passés avant de quitter ce ponton connu.

    Le moteur qui ronronnait, prêt à  partir, les amarres larguées, la «pendille»* d’étrave relâchée, cette fois c’était fait,  plus rien ne nous retenait à la terre.

    Thomas avait pris la manœuvre de départ en main, me contentant pour mon cas de suivre les ordres, c’était plus prudent, mais une fois sortis du port j’eus droit de prendre la barre à mon tour.

    Une voile nous rattrapait… C’était un couple avec qui nous avions un peu plus d’affinités qui avait décidé de nous accompagner les premiers moments de notre navigation sans retour.

    Ils avaient eux aussi ce rêve un peu fou mais une trop grande crainte les avait  empêchés de sauter le pas et c’est en parcourant ces quelques miles de concert avec nous qu’ils partageaient leur désir.

    Quelques coups de  corne de brume, de grands gestes d’au revoir et nous les avions quittés.

    Cette fois nous étions bien seuls, partis pour faire notre grand voyage vers l’inconnu.


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  • 17 Le départ approchait

    Notre impatience croissait au fur et à mesure des jours qui passaient et les voisins de ponton nous questionnaient souvent sur la date de notre départ.

    L’un d’entre eux était même devenu de plus en plus présent, nous empêchant de travailler sereinement, jusqu’à une petite «mise au point» qui nous permit de retrouver du calme dans notre organisation des tâches.

    Au dernier moment il y a  encore plus de travail à faire, de choses à voir et à revoir  et nous ne devions pas perdre trop de temps à discuter malgré que nous ayons aiguisé la curiosité et parfois l’admiration de nos voisins de ponton.

    Bon nombre d’entre eux aurait souhaité partir aussi, faire ce voyage vers le lointain, mais la peur et le trop de questions sans réponse les avaient découragés, se contentant de vivre leur rêve au travers de personnes comme nous, un peu inconscientes sans doute ou plus téméraires, qui partaient vers l’horizon infini.

    Thomas m’avait enseigné les premières bases de navigation mais à mesure que le jour J approchait l’angoisse de ne pas être à la hauteur dans un élément qui m’était quasiment inconnu me  titillait un peu. J’évitais de penser aux paroles de nos voisins plaisanciers qui, involontairement, m’obligeaient à me poser des questions sur le bien-fondé de cette démarche que nous entreprenions. Ils me transmettaient sans le vouloir leur angoisse et leur peur.

    Toutefois, c’était sans compter sur ma détermination profonde, sur ce désir de Liberté tant promis par mon capitaine et rien ne me ferait changer d’avis, surtout pas au dernier moment.

    Je m’étais investie moi aussi dans cette aventure et comme Thomas et moi étions soudés ensemble sur ce projet, rien  ni personne ne nous en dissuaderait.

    Si nous avions commencé à réfléchir plus profondément, à écouter les uns et les autres, il est certain que nous aurions renoncés. Beaucoup ont abandonné leur projet malgré les moyens investis à cause de cela. Nous en avons rencontré plusieurs et entendu de nombreux témoignages sur ce sujet au cours de notre navigation.

    Nous étions presque prêts. L’éolienne, les panneaux solaires et le désalinisateur étaient parés pour fonctionner. Les cartes de notre futur périple, les GPS  (en double pour prévenir les pannes), le radar et l’obligatoire et rassurante balise de détresse,  le canot de survie, les gilets de sauvetage, la radio en BLU pour les communications en longue distance, tout était en ordre de marche.

    Nous n’attendions plus que le feu vert météo pour partir de la façon la plus favorable.

    En ces périodes de fin d’hiver, même si le calendrier indiquait le printemps, la météo était particulièrement instable et n’était pas très encourageante, ce qui nous dissuadait de prendre rapidement le large. Nous devions  être encore un peu patients.

    Nous avions reçu tout l’avitaillement et je souris encore en repensant  à la vision de notre «catway» (nom des pontons d’accès aux bateaux) encombré sur une dizaine de mètres de long de piles de boites de conserves, de packs de bouteilles d’eau, de cartons de produits divers qui attendaient  d’être rangés  dans les  équipets et les coffres  de Téva. C’était impressionnant. J’interrogeais Thomas du regard, me demandant si tout allait rentrer… La ligne de  flottaison s’abaissait peu à peu au gré du chargement, frôlant la limite raisonnable mais Thomas, en  riant me rassura en me disant que ça lesterait le bateau et que c’était beaucoup mieux qu’un bateau vide.Comme je l’ai déjà dit, la confiance doit être à toute épreuve et moi, j’avais confiance en mon Capitaine et je n’eus à aucun moment à le regretter malgré certaines situations parfois assez délicates à vivre...

    Le jour J était arrivé

     


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  • 16 Tiki

    Voici notre Tiki qui nous a protégé  durant tout notre périple en mer.

    Il ne nous quitte jamais et déménage avec nous.

     

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     Les Tikis polynésiens, emblèmes d’une culture exceptionnelle

    Les Tikis sont des statues omniprésentes en Polynésie française et représentent toute la culture de ces îles inouïes. Ces représentants des dieux ou de génies sont là pour protéger les habitants ou éloigner les mauvaises énergies. Originaires des Marquises, en pierre ou en bois, ils sont aujourd’hui présents sur la plupart des îles du triangle polynésien.

    Selon les sorciers polynésiens, le Tiki est le créateur de l’homme. Il serait l’héritier du « manao » ou « mana », c’est-à-dire une énergie et un rayonnement qui relient l’univers et les êtres. Cette statue est une sculpture représentant un humain modifié, généralement masculin. Vous retrouverez ces statues dans les paysages des différentes îles polynésiennes.

    Les légendes autour du Tiki polynésien

    Créateur de l’homme, mi-homme mi-dieu, le Tiki a différentes significations selon les endroits. Cependant tous les Polynésiens le vénèrent ou le craignent car il représente les anciens dieux et ancêtres mythiques polynésiens.

    A Moorea, une légende raconte les pouvoirs des Tikis. Un Tiki était dans un jardin depuis des années. Le propriétaire, de peur qu’on le lui vole, a pris la décision de le cimenter dans son jardin. Quelque temps après, le propriétaire sent ses jambes lourdes et se retrouve paralysé. Il est resté paralysé jusqu’à ce qu’il ait fait le lien entre ses mésaventures et ce qu’il avait fait au Tiki. Le Tiki protège mais il ne faut pas lui porter préjudice.

    @Source https://www.aucoeurduvoyage.com/blog/2013/04/tikis-polynesiens


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  • 15 Les préparatifs

    Nous avions programmé notre départ pour le mois de mai car en hiver la mer Méditerranée n’est pas très praticable pour un apprentissage de la navigation, un amarinage conviendrait mieux. En effet, en plus du temps froid, en cette saison la météo est beaucoup plus capricieuse.

     Commencer notre périple devait se faire dans les meilleures conditions pour démarrer notre grand voyage. Il nous fallait bien ces quelques mois pour préparer le bateau et tout l’avitaillement.

     Thomas travaillait dur pour aménager Téva en fonction de notre parcours qui devait être long et il fallait bien tout prévoir pour ne manquer de rien, surtout pas de l’essentiel.

     Je crois que le moment le plus difficile pour moi fut celui quand j’ai dû faire le tri  des vêtements à emporter.

     En tant que femme et aimant de surcroit la mode, mes penderies étaient bien remplies. Le choix, tout en étant très difficile fut draconien, Thomas me rappelant que dans une embarcation telle que la nôtre on ne pouvait pas se permettre d’emporter des choses inutiles. Les équipets (les placards dans un bateau) n’étaient pas extensibles et le strict minimum devait retenir mon attention.

     Nous allions parcourir les mers et les habits chics n’avaient pas vraiment lieu d’être. Nous devions seulement conserver une ou deux tenues correctes pour  nos sorties dans les ports et en ville, le reste n’étant que des vêtements décontractés.

     Les poissons, les dauphins, les baleines ou les poissons volants ne nous jugeraient pas sur notre tenue.  Shorts, tee-shirts seraient les tenues la plus utilisées, sans oublier les vêtements indispensables pour la navigation : Cirés, vestes de quart, bottes et chaussures de bateau.

     Sans oublier les cannes à pêche indispensables pour avoir de la nourriture fraîche lors des longues navigations sans  escales.

     Quand on navigue loin des côtes et en pleine mer il faut prévoir l’avitaillement. Quand il y a un frigo à bord il est en général assez petit, l’énergie  doit être gérée correctement. Le poisson est donc un aliment frais indispensable pour notre trajet.

     Bien sûr il existe de la nourriture lyophilisée qui prend moins de place et surtout moins de poids, élément important à ne pas négliger car si l’embarcation est trop chargée la ligne de flottaison risque de trop s’enfoncer dans l’eau et ferait courir un danger.

     Cela ne nous a pas empêché d’emporter de la nourriture en conserves comme  des fruits, de la viande, des légumes, etc. Sans oublier les indispensables bouteilles de Pastis…

     C’est bien connu, le marin boit des boissons alcoolisées avant tout. Cela n’a rien d’une légende car, l’eau douce étant un élément très précieux et rare (les réserves de bord n’étant pas inépuisables), il faut  bien l’économiser !

     Nous étions presque prêts.

     


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  • 14 Le projet

    Maintenant que notre embarcation était enfin là nous pouvions commencer les travaux de rénovation et il y avait du travail.

    Lorsque l’on visite un bateau on ne voit pas  tous les détails, vices cachés ou pas. On a toujours des  surprises quand on l’a en main. L’inventaire rapidement fait par l’ancien propriétaire était un peu incomplet à l’arrivée, mais l’essentiel y était, c’était le principal.

    La «mascotte» du bateau était fixée  près de la table à carte, c’était un totem(Tiki) Polynésien en bois sculpté. Nous avions demandé expressément au propriétaire de le laisser en place car, comme un nom de bateau, cela ne se change pas (sans un rituel compliqué) et doit rester en l’état. Les coutumes dans le milieu maritime sont nombreuses et les superstitions aussi. Il y a certains mots à ne pas prononcer  sur un bateau tels que : corde*, lapin**, pour ne citer que ceux-là.

    Cela vient des temps anciens où les croyances étaient fortes et on ne devait pas rigoler  avec  ça.

    Téva  ne serait pas destitué de son nom et garderait  son grigri, qu’on se le dise !

    A partir de ce moment-là les journées passèrent très vite. Thomas occupé aux travaux de  rénovation ainsi que s’occuper à  passer les commandes des  appareils nécéssaires à notre projet, comme un dessalinisateur pour avoir de l’eau douce, une éolienne qui nous donnerait de l’électricité. Tout  ceci était indispensable pour une navigation hauturière.

    Il fallait vérifier l’état du moteur, les voiles etc.

    Il fallait aussi s’enquérir des cartes marines nécessaires à notre parcours.

    Nous passions toutes nos journées au bateau, à bricoler et aussi à nous imprégner de cet espace confiné car nous y passerions beaucoup de temps. Un bateau n’est pas conçu comme une maison ou un appartement. Tout y est pensé pour  occuper au mieux tout l’espace. Aucun endroit  ne devait être  vide, il devait  y avoir une place pour chaque chose, rangée du mieux possible surtout.

    La suite me fit comprendre que les rangements devaient être bien fixés car en cas de grosse  gîte du bateau tout pouvait tomber et se renverser  dans le carré. On apprend beaucoup  en mer, les leçons sont vites apprises à nos dépends.

    Pour ma part, je m’occupais du côté pratique : cuisine, literie, nourriture. Il fallait  tout prévoir car une fois en mer nous n’aurions pas l ‘épicier du coin qui viendrait nous livrer de l’alimentation ou des boissons.

    Il fallait penser à tout ce qui pourrait nous être indispensable et il y en avait  beaucoup.

    La pharmacie entre autre est un poste important à prévoir car des petits bobos ou parfois des incidents plus sérieux sont fréquents. On avait pour cela des informations d’autres navigateurs pour nous guider.

    Le poste de la nourriture était primordial mais Thomas qui connaissait bien cette gestion nous fit un approvisionnement en béton.

    Tout ne se fit pas en un jour bien sûr et les semaines passaient à toute allure…

     

    *corde : à ce mot est attaché le pendu… donc il n’y a qu’une seule corde à bord d’un bateau, minuscule (une quinzaine de centimètres), celle de la cloche.

    *lapin : le lapin a toujours été banni à bord car il rongeait les cordages avec tout ce que cela pouvait impliquer…

     


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  •  13

    Il se faisait tard, et je commençais à m’inquiéter. Depuis plus d’une heure maintenant je faisais des va-et-vient de l’appartement jusqu’au port à l’emplacement prévu pour Téva. Nous avions fait connaissance avec des personnes  qui  vivaient sur leur bateau et c’est en leur compagnie que je vis apparaître Téva à l’entrée du port. Enfin !

    A mesure qu’il approchait, même si la nuit avait commencé à tomber, il me semblait que  quelque chose n’allait pas. Une longue chaine partant du bout-dehors (petit mât dans le prolongement de l’avant du bateau)  trainait dans l’eau. Les voiles étaient affalées, mais ça c’était normal. A l’entrée dans un port on doit affaler les voiles et rentrer au moteur, sauf en cas de problème mécanique. Pourtant celles- ci me paraissaient ne pas avoir étés ouvertes, toujours attachées serré à la bôme. Cela m’a semblé bizarre mais sans plus.

    Arrivé à quai Thomas me lança une amarre pour que je puisse  arrimer le bateau.

    Il avait l’air très fatigué mais surtout trempé comme une soupe.

     A peine mis le pied à terre le temps de m’embrasser, Thomas remontait sur le bateau pour arrêter le moteur. Il tardait à ressortir pour me dire que le fond du bateau était recouvert d’eau jusqu’au niveau du moteur.

    Je grimpais rapidement pour le rejoindre, une fois dans le cockpit j’aperçus effectivement l’eau dans le carré complètement inondé. La pompe de cale, bien utile dans ces cas-là, aussitôt mise en marche permit d’évacuer efficacement cette eau de mer.

    Ce n’est qu’une fois que tout fut rentré dans l’ordre que Thomas m’expliqua  son périple.

     Lorsque je l’ai laissé au port, le vent ayant commencé à monter, il était allé se renseigner à la Capitainerie pour  consulter la météo. Elle n’était pas des plus favorables mais c’était faisable au vu de la distance  qu’il avait à parcourir.

    S’il avait été raisonnable il aurait renoncé à prendre la mer et m’aurait rappelée, mais hélas ce n’était pas une qualité qu’il connaissait vraiment. Il avait décidé que Téva  repartirait avec lui, un point c’est tout !

    Le problème, c’est que l’embarcation n’était pas vraiment en état de prendre la mer si rapidement. Les voiles attachées serrées à leur place depuis des mois, le génois (voile d’avant) et la grand-voile non vérifiés auraient dues être dépliés et repliés proprement avant de prendre la mer.

    La jauge de gas-oil étant quasiment au maximum, il avait opté pour partir au moteur.

    Vêtu simplement d’une veste de quart et d’un jeans, sans plus, il avait estimé n’en avoir que pour quelques heures vite passées.

    C’était sans compter que les éléments en avaient décidé autrement.

     Ce qu’il croyait être une promenade tranquille se transforma rapidement en une mer de plus en plus déchainée au fur et à mesure qu’il avançait. Mais il était trop tard pour repartir en arrière, sans compter que son orgueil en aurait pris un coup. Quand Thomas décide quelque chose, rien ne peut l’arrêter.

    Le moteur manquait de puissance pour avancer rapidement et arriver dans le temps prévu au Cap D’Agde. Il aurait aimé ouvrir les voiles, manœuvre indispensable pour stabiliser le bateau qui gitait par moments dangereusement et pour le confort et la rapidité de navigation, mais c’était impossible. Défaire la quantité astronomique de nœuds faits par l’ancien propriétaire s’avérait impensable d’autant qu’il ne pouvait lâcher la barre à aucun moment, le vent et les vagues frappant Téva en tous sens sans répit.

     C’est à ce moment-là qu’il comprit vraiment que Téva serait un bateau qui pourrait affronter  toutes les tempêtes avec sureté.

    Sa première approche avec  son «Bébé» fut rude mais riche en enseignements. Pourtant la chance avait été ce jour-là avec lui malgré de gros paquets de mer qui avaient envahi l’intérieur par la descente restée ouverte, durant ce long (par le temps passé) périple, malgré l’eau qui baignait le moteur à cause d’une tuyauterie de refroidissement brisée, malgré cette chaine décrochée.

     Le moteur  de marque Perkins avait  montré sa robustesse légendaire aux pires conditions de marche et je  lui décerne la palme bien volontiers.

    Cette «chaîne» que j’avais vu pendre dans l’eau était en fait un des maintiens entre le bout-dehors, la coque et le mât de la grand voile. Il y avait une à droite, une à gauche et une troisième en dessous. Si une deuxième, du fait du déséquilibre causé par les mouvements brusques de gîte avait cassé, le grand-mât serait tombé, avec tous les dégâts et le danger que cela aurait pu entraîner. Éole, le Dieu des vents  était avec lui ce jour-là.

     Téva nous a montré avec ce «baptême» que c’était un bon bateau et Thomas a compris la chance qu’il avait eue avec cette traversée mémorable. Je crois bien que c’est à partir de là qu’il  a eu une confiance aveugle en l’embarcation qu’il avait choisie.

     Dire que j’ai eu peur en écoutant son récit serait mentir. Non, je dirais plutôt de l’admiration. C’est après plusieurs jours que je repensais à tout ce qui aurait pu arriver. Mon côté optimiste et confiant m’ôtât vite des pensées négatives, me confortant une fois de plus dans la capacité, le courage et la ténacité surtout de Mon Capitaine.

    Cela me fait encore sourire quand j’y repense, mais lorsque son récit fut terminé je me suis dit qu’il avait «dompté la bête», et je crois être dans le vrai. Thomas et Téva ne faisait qu’un on pourrait le comparer avec un cheval et sa monture, le forgeant pas à pas au fur et à mesure qu’il prenait  ses marques. 

    Je m’en suis rendue  compte à plusieurs reprises quand il m’arrivait de prendre la barre pour  que mon Capitaine puisse prendre un peu de repos. Je devais garder un cap bien précis car nous n’avions pas de pilote automatique, mais je ne sais pour quelle raison, sans rien changer, je déviais de quelques degrés ce qui réveillait Thomas dormant en dessous dans la cabine arrière.

     -Qu’est ce que tu fais me criait-il en ouvrant le hublot de la cabine ?

     -Rien, je n’ai rien changé !

     -Si ! Regardes, tu as changé de cap

     Effectivement le cap avait dévié de  quelques degrés.

     Sacré Téva, il ne m’avait pas adoptée, il n’avait qu’un seul maître.

     

     


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  • Quelques jours à peine après la signature de l’achat de Téva que Thomas commençait déjà à trépigner. Les appels téléphoniques avec  l’ancien propriétaire qui trainait les pieds pour terminer les travaux de carénage commençaient à l’agacer.

    Il ne comprenait pas ou plutôt ne savait  pas que l’ancien propriétaire  regrettait  déjà d’avoir vendu son bateau. Nous apprîmes plus tard que nous avions le même projet en commun mais que pour des raisons personnelles, familiales  il avait  dû,  lui, l’abandonner.

    Ceci explique cela.

    Les semaines passaient et l’impatience et la colère commençait à se faire ressentir. Un ultime  coup de fil nous apprit  que le bateau était fini et qu’il avait été remis à l’eau, enfin !

    Il ne restait que de revoir ensemble les dernières explications pratiques pour que nous puissions venir le récupérer, mais cette personne étant très occupée, le rendez vous pour la prise en main tardait beaucoup trop au goût de Thomas.

    C’est ainsi qu’un matin,  très tôt, après avoir consulté la météo au Minitel (on en était encore là) Thomas m’invita à m’habiller  rapidement pour  que je puisse l’emmener a Port-Leucate pour qu’il puisse enfin de rapatrier son bien, son bébé. Il n’attendrait pas un jour de plus le bon vouloir de l’ancien propriétaire.

    Je sentais en lui une colère sourde car il sentait  bien que s’il ne prenait pas  les devants, le bateau ne serait pas encore entre ses mains. Cela n’avait que trop duré car il avait pris beaucoup trop de temps pour les quelques petits travaux restants. Il comprenait bien que  cela devait être difficile de laisser partir un bateau avec ce  qu’il comportait de projets affectifs, mais à ce moment-là il n’avait pas qu’à pas le vendre  me dit-il».

    Il nous a fallu peu de temps pour arriver au port. Pourtant, à mesure que nous approchions de Port-Leucate, le peu de vent annoncé avait  pris des proportions plus importantes que prévu.

    Peu lui importait. Téva était là  devant lui, amarré au quai et il ne repartirait pas sans lui.

    Je regagnais seule le Cap d’Agde pour attendre son arrivée estimée en fin de journée sans me douter de ce qui allait se passer...


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  • 11 La visite

     La nuit fut agitée et je dois dire que Thomas n’a pas  beaucoup dormi cette nuit-là. Je le sentais bouger, se tourner dans le lit ce qui m’a empêché moi aussi de bien dormir.

     A quatorze heures trente nous étions bien en avance à Port-Leucate sur le lieu du rendez-vous.

     En attendant le propriétaire nous avons fait un petit  tour dans la zone de carénage (Endroit où les bateaux se refont une beauté) Il était là au fond de la zone un peu à l’écart, montrant déjà qu’il était différend des autres.

     Je l’observais de loin et en y faisant le tour ma première impression ne changea guère.

     Je ne le trouvais pas si beau que cela, je regardais les autres bateaux eux aussi posés  sur leur ber, et ils me semblaient bien mieux que celui-ci.

     L’arrivée du propriétaire me sortit de mes  pensées négatives.

     Je n’écoutais pas trop les premières explications  techniques qui ne m’intéressaient pas. Il me tardait de voir  l’intérieur.

     Une échelle posée à l’arrière  nous permit de monter sur le pont et d’avoir une autre vision,  plus sympathique.

     Je crois que si le bateau avait  été mis à l’eau ma sensation aurait été différente, sûrement même.

     

     

     

     L’intérieur me réconcilia  un peu, l’odeur du bois qui recouvrait le carré (nom donné au lieu de vie à l’intérieur d’un bateau), les cabines dont une était plus grande que l’autre appelée cabine du propriétaire .

     
     

    02 teva

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    Le carré coins alon salle à manger, hihihi

     

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     Téva sur ber lors de notre première visite


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  • 10 La visite

    Pendant que nous visitions le bateau je regardais Thomas du coin de l’œil, il semblait aux anges, posant plein de questions pratiques, techniques et ne s’occupait plus de moi. A ce moment-là je ne pensais à rien de précis, j’étais là  à attendre la fin de la visite  me demandant qu’elle serait la décision finale. Je ne saurais comment expliquer ce que je ressentais alors, c’est comme  si ma tête était vide, je n’éprouvais aucune émotion ni de joie ni de tristesse, j’étais là comme si mon sort avait été jeté.

    Il voyait bien que je n’explosais pas de joie, mais il savait aussi que lui seul prendrait la décision car n’y connaissant  rien dans ce domaine je n’avais pas de grands arguments à donner. Il savait que Je lui faisais entièrement confiance .Si  l’affaire se faisait nous prendrions possession de notre embarcation quelques  semaines plus tard car il restait quelques travaux de carénage à terminer ainsi que le promit le propriétaire sans plus tarder. Thomas m’interrogea du regard pour savoir ce que j’en pensais et j’opinais de la tête, haussant les épaules, en lui disant c’est toi qui décide !

    C’est ainsi que l’affaire  fut faite sans attendre un jour de plus.

    Sur le chemin du retour il me rassura me disant :

    –tu verras c’est un très bon bateau.

    La suite lui donna raison.


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  • 9

    Le voila

    Nous avions changé  d’appartement pour nous rapprocher du bord  de mer, plus propice en vue de l’arrivée de notre  future embarcation.

    Le Cap d'Agde nous a semblé le port le plus approprié et  surtout les prix des locations d’hiver était très acceptable. Ce fut donc là que nous accueillerions notre «bébé».

    Il ne nous a pas fallu chercher longtemps pour trouver l’embarcation idéale.

    Ce matin-là, à peine levée, les yeux encore embués de sommeil, Thomas me criait :

    - ça y est je l’ai trouvé !

    Il me montra la photo, tout excité, un grand sourire aux lèvres.

    - Alors qu’en penses-tu ?

    Ma réaction ne fut pas celle qu’il attendait, je voyais un bateau en fer dans un chantier, reposant sur des chevalets, je ne peux pas dire que je sautais de joie.

    Mon œil féminin aurait vu plutôt un bateau flambant neuf, dans l’eau de  surcroit, ce qui ne donnait pas le même effet.

    La coque marron à demi poncée ne le mettait pas en valeur, j’avoue que j’étais un  peu déçue.

     9 Le voilà


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  • 8

    Le programme

    Avant de faire la recherche d’une nouvelle embarcation, il nous fallait peaufiner notre projet.

    Beaucoup de questions auxquelles nous avions absolument besoin de trouver des réponses.

    Savoir où nous allions naviguer, dans quels océans  et quel serait notre parcours, quels permis fallait-il etc.

    C’était la priorité avant de commencer nos recherches pour ce nouveau bateau.

    Naviguer au bord des côtes ne demande pas les mêmes moyens que pour traverser un ou  plusieurs océans.

    La chance avait permit que «Mélusine» ainsi que notre commerce furent revendus rapidement. Nous étions donc  libres de toute obligation et pouvions nous consacrer entièrement à notre nouveau projet.

    Nos journées et soirées furent bien remplies pendant plusieurs mois.

    Notre petit appartement était envahi  par tout un tas de  livres, de documentation diverses sur la navigation, des éléments non négligeables avant de lever l’ancre. La législation maritime impose des certificats, des permis, des équipements obligatoires en fonction  de la navigation  que l’on désire effectuer. Il ne restait plus guère de place pour autre chose que des revues maritimes ou les documents liés à la navigation.

    Tout cela était nouveau pour moi. J’ai du m’informer et apprendre rapidement toutes ces règles et instructions. Il était normal voire indispensable que je puisse seconder mon capitaine quand nous serions en mer.

    Mon appréhension de l’eau  avait alors disparue, nous étions dans la «paperasserie» et sur terre, loin de cette préoccupation.

    Il faut un petit grain de folie ou d‘inconscience pour oser affronter ces éléments parfois capricieux et j’ai appris une chose importante dans cette aventure, c’est que contre les éléments naturels on ne peut  rien si ce n’est que subir. Cela rend humble croyez moi.

    L’homme se croit tout puissant, il pense qu’il peut  tout gérer,  tout contrôler, mais là il ne peut rien  et surtout il ne faut pas aller contre.

    Il y avait tant de choses à voir, à réfléchir, à penser et à prévoir que les journées passèrent à une allure vertigineuse.

    Nous avions un programme précis, bien pensé, tout en sachant que ce plan pourrait être changé à tout moment en fonction de notre périple.

    Nous savions maintenant quel bateau choisir et nous pouvions commencer notre prospection.

     

     


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  • 6/7 La vente

    Comme le dit si bien un proverbe « il y a loin de la  coupe aux lèvres ».

    Prendre une grande décision est une chose et  mettre un projet en pratique en est une autre.

    Nous avions la boutique et une très bonne clientèle, comment lui annoncer que nous allions vendre notre  commerce florissant pour partir faire un tour du monde ?

    De plus nous devions rapidement mettre notre commerce en vente pour être dégagés de cette contrainte.

    Le «hasard» une fois encore  est venu à notre secours.

    Je ne me lasserai jamais de dire que (pour moi) le hasard n’existe pas car j’en ai eu maintes et maintes fois la preuve. On peut dire une fois que c’est le hasard mais pas quand cela se répète en de nombreuses  occasions… Que dire ?

    Cette fois-là encore il nous a aidés et permis d’arrêter plus vite le commerce pour préparer notre projet de départ.

    C’est par un après-midi d’octobre que  s’est présenté un homme d’une  quarantaine d’années, discret, feuilletant nos livres rangés sur les étagères par catégories. Il est resté un long moment à faire le tour de la boutique.

     Il avait l’air intéressé mais ne disait rien. Nous avions l’habitude de ne pas déranger les gens, guettant plutôt un regard qui nous permettrait de les aborder et les renseigner.

    C’est lui qui s’approcha de la caisse nous demandant si par hasard nous ne désirions pas vendre notre boutique ?

    Avec Thomas nous nous sommes regardés sidérés par cette question.

    Il ne pouvait pas être au courant car nous n’en avions pas encore parlé. Ni aux clients, ni à une agence immobilière.

    Bien évidemment, sans réfléchir longtemps nous sommes tombés  d’accord sur un prix de vente, sans faire la «fine bouche», car cela tombait à pic.

    Nos clients furent plus difficiles à convaincre car ils s’étaient habitués à nous et ne comprenaient pas qu’on laisse  si vite un commerce en pleine expansion pour partir à l’aventure.

    Les questions surprenantes des habitués nous amusèrent beaucoup : Et votre mari, il est marin-pêcheur ? Il est Breton ?  Etc. 

    Le plus qui les alarmait, c’était le fait de quitter la famille, les enfants, la maison et tout ce qui allait avec.

    Beaucoup d’histoires de pirates en mer résonnaient encore à leurs oreilles et ils  ne comprenaient pas que la peur ne nous arrête pas.

    C'est ce qui arrive souvent quand on trouve une  bonne excuse pour ne pas partir ou ne pas faire... 

    Il ne faut jamais se laisser influencer et surtout décourager sinon, une  fois encore, on ne fait rien, on renonce.

    Nous avions réponse à tout heureusement car  si nous les avions tous écoutés nous ne serions jamais partis.

    Thomas avait trouvé la parade pour éviter trop de questions : Nous partons faire un tour du monde disait-il et là toutes les questions s’arrêtaient car ce projet devenait important Il suffisait de voir dans leurs yeux la petite lueur d’envie et d’admiration à la fois.

    Les journées au magasin furent plus agréables, plus légères car  nous avions réglé le problème majeur de sa vente.  Il nous restait maintenant à trouver l’embarcation adéquate pour notre grand projet.


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  • 5 

    Encore une prise de décision

    C’est à des moments précis que les décisions se prennent. Il en faut peu pour ce qui était impossible avant change  et prenne forme après.

    Après notre reprise fin Août cette routine régulière a commencé à me fatiguer je ne trouvais plus le même goût à recevoir la clientèle. J’en arrivais même à refuser des rendez-vous.

    Le souvenir des dernières vacances passées  sur l’eau me taraudait pas mal, même si elles furent courtes mais intenses. Sans m’en rendre compte  j’avais déjà passé un cap important. Ma peur de l’eau était moins forte, je dirais même quasi inexistante.

    Il faut avouer que les conditions de ces jours passés sur l’eau étaient favorables, nous avions renouvelé nos sorties en mer avec de tout petits trajets mais cela me plaisait  de plus en plus.

    C’est avec ces souvenirs un peu nostalgiques que mes journées à la boutique passèrent très lentement.

    Quand quelque chose  ne vous convient plus, tout est sujet à vous mettre en rogne. Les clientes qui arrivent  en retard, ceux qui étaient exigeants, mécontents de ne pas trouver ce qu’ils cherchent etc.

    Il va s’en dire que Thomas n’oublait pas de me « chanter » un petite musique  bien connue que le bateau c’est un espace de liberté qui nous reste encore  et qu’il fallait en profiter tant  qu’il en était  encore temps.

    C’est dans ces moments d’incertitude que  cette musique opère et fait son chemin.

    Nos discussions du soir tournaient toutes autour du bateau et de ce que nous pourrions  faire avec.

    La boutique prospérait à grande vitesse mais cela ne  nous satisfaisait pas pleinement.

    Comme par hasard nous tombions sur des revues qui parlait d’évasion, des îles, de voyages en voilier. A la télévision c’était la même chose nous tombions  sur  des  reportages, sur des personnes qui avaient tout abandonné pour partir sur un voilier en famille et vivant au gré du jour et du vent, sans contraintes si ce n’étaient celles des conditions météo. A croire qu’ils venaient tous nous narguer.

    J’ai souvent remarqué que lorsque quelque chose est important pour soi « on » nous fait des petits rappels pour nous interpeller et ça marche !

    Une idée commençait à germer dans nos têtes, et si nous quittions tout et partions à l’aventure ?

    Et pourquoi pas !

    Ma première et courte expérience sur Mélusine m’avait conforté dans cet  espace de liberté, de larguer les amarres quand l’endroit ne nous convenait plus.

    A terre nous avions un boulet au pied, enfin c’est la sensation que j’en avais maintenant.

     Un commerce est une contrainte, certes lucrative et humainement intéressante mais cela ne me convenait plus vraiment. J’avais goûté à autre chose de plus palpitant, l’aventure, l’inconnu.

    Mon caractère  curieux me poussait à ne pas hésiter. Puis je me suis souvenue de cette phrase entendue un jour à la télévision  quelques années auparavant : « vis tes rêves, ne perds pas de temps et surtout n’ait jamais de regret » et  j’étais partie cette fois-là seule aux Antilles avec une seule valise  pour bagage dans un pays inconnu. Quelle belle aventure...

    Cette fois-ci je n’étais pas seule mais le projet n’était pas le même, nous cohabiterions  avec un élément imprévisible : l’eau, la mer et son immensité!

    Mon capitaine me semblait aguerri pour entamer un long voyage en mer car c’est de ceci  dont nous parlions le soir. Nous échafaudions un périple fou,  partir loin faire un tour du monde mais surtout trouver un endroit qui nous conviendrait suffisamment pour nous  poser enfin !

    Les connaissances maritimes de Thomas me paraissaient suffisantes pour me  sécuriser, sa passion (son expérience que je constatais plus tard) pour cet élément venait sûrement d’un passé  de vie antérieure.

    Quand je le questionnais sur son apprentissage sur les bateaux il détournait le sujet disant qu’un vieux navigateur lui avait enseigné les bases de la navigation et avait estimé qu’il pouvait naviguer sans crainte. Pas de stage aux Glénan, stage bien connu des Bretons, ni ailleurs.

    Son assurance sur le sujet me suffisait, de toute façon n’y comprenant rien je devais lui faire une  confiance aveugle.

    Sans confiance  rien ne peut se faire, si les doutes vous assaillent autant rester chez soi et ne pas prendre de risques.

    C’est ainsi qu’après avoir échafaudé ce  grand projet nous décidions de revendre mélusine pour une plus grande embarcation mieux adaptée pour faire un tour du monde en voilier.

     

     

     

     

     

     

     


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  • 4

    Premier essai

    Une semaine à peine était passée entre le moment de la transaction  au téléphone et l’arrivée de « Mélusine » son  propriétaire nous avait gentiment proposé  de  nous l’amener  à bon port au Cap d’Agde. C’est avec un certain regret  qu’il nous remit LA clef de  ce qui devait devenir ma première expérience  en mer.

    Les vacances étaient déjà commencées quand une fois le bateau pris en main par Thomas je fis ma première sortie en mer.

    Notre première « croisière » ne devait pas être trop longue car Thomas ne savait  pas  qu’elle allait être ma réaction face à ce nouvel élément.

    Il faut dire qu’un premier contact sur un bateau quand on a la phobie de l’eau, doit être rassurant. Il m’expliqua les bases indispensables à connaître avant d’embarquer.

    Premièrement ne pas marcher  avec des chaussures inadéquates car l’instabilité sur l’eau était inexistante. Ensuite on devait  toujours tenir une main accroché à un élément du bateau. Une grosse vague est vite arrivée et peut te déstabiliser me dit-il et te faire tomber à l’eau. Pour me rassurer  ce n’était pas gagné. Je crois d’ailleurs qu’il ne m’a pas conseillé de mettre un gilet de  sauvetage de peur que je ne change trop vite d’avis.

    Pourtant avec l’expérience je peux confirmer que c’est souvent indispensable d’en avoir sur  soi. Je n’en étais pas encore là. Mais  à onze heures nous quittions le port après avoir largué les amarres non sans une certaine appréhension.

    Ma première impression fut bonne même si l’odeur du gas-oil me dérangeait un peu ainsi que le bruit du moteur. je trouvais quand même qu’il tanguait beaucoup et je n’étais pas très rassurée. D’autant que ce premier essai ne devait pas se faire  sur un canal  comme convenu mais en mer, ce qui me fit un peu peur, mais rassurée par le Capitaine Thomas je franchis le pas.

    Bien m’en a pris car au retour de notre  courte balade, un constat  me sauta vite aux yeux.

    Mélusine

    Non seulement je n’avais pas eu peur mais je trouvais qu’avec ce navire nous serions vite limité, car si on pouvait se permettre de sortir en mer avec « Mélusine » on ne pouvait pas aller trop loin non plus ; il était considéré comme un bateau côtier donc il devait naviguer tout près des côtes mais  surtout dans les canaux.

    Arrivée au port je ne cache pas que j’étais  contente malgré tout de retrouver la terre ferme.

    J’avais ressenti une sensation de liberté, cette fameuse liberté dont m’avait bassiné mon cher et tendre pendant des années. L’air marin qui fouette le visage et fait rougir les joues, ce goût de sel sur les lèvres humides font que l’on se sent ailleurs, et bien loin de la terre. Pourtant elle n’était pas si loin car on l’apercevait en longeant la côte  durant notre cours trajet  du cap d’Agde en direction de  Sète. Thomas avait chois un jour où la mer était « d’huile » c’est  à dire très plate et calme. Il ne voulait  surtout pas que je me décourage le premier jour.

    Je le sentais m’observer, il attendait mes impressions  la peur un peu au ventre que cette première approche avec l’eau ne m’est pas plu ou découragée.

    Sa  surprise  fut encore plus grande quand quelques semaines  plus tard ayant rouvert la boutique après les vacances je lui suggérais un plus long périple...

     

     

    *Permis Bateau.

    Permis côtier: Navigation sur le domaine maritime pour la conduite de tous navires à moteur sans limitation de taille ni de puissance, de jour comme de nuit, dans la limite de 6 milles (11,12 kilomètres) d'un abri.
    Permis hauturier: Navigation sur le domaine maritime sans limite de distance.
    Permis Rivière, Fluvial: Pour naviguer sur les canaux et les fleuves.

     4 Premier essai


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  • 3

    La décision

    En ouvrant la porte de la boutique, j’étais passablement fatiguée,  la nuit avait été courte, nous avions tardé pour feuilleter  encore et encore une revue plus spécialisée sur les bateaux pour canaux .Un navire avait retenu notre attention.

    Sa coque ventrue était rassurante, la couleur bleu le mettait en valeur. Un petit mat à l’avant faisait penser à un voilier. Pourtant c’était un bateau à moteur, pour naviguer  sur les canaux c’est indispensable. La petite voile d’avant  pouvait servir à naviguer aussi en mer près des côtes. Mais Thomas ne s’était pas étendu dessus de peur que je ne change d’avis sûrement...

    Son nom me plaisait il s’appelait « Mélusine ». Son prix était correct  en rapport de ses qualités techniques  et autres. Je me fiais à Thomas car je n’y connaissais  rien dans ce domaine.

    La nuit avait  dû  être propice car ce matin là après avoir ouvert la boutique je questionnais Thomas en lui disant que l’on pourrait essayer d’acheter ce bateau que nous avions tant décortiqué la veille  pour voir si cela pouvait convenir dans ma première approche en navigation.

    J’avais à  peine fini ma phrase que Thomas avait déjà décroché le téléphone pour appeler  le numéro indiqué  sur l’annonce.

    Une demi-heure plus tard la transaction fut faite.

    Nous venions de franchir un cap et quel cap...

    La décision

     


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  • 2 Rien n’arrive par hasard

    Les choses arrivent toujours à des moments précis, rien ne se fait par hasard. C’est mon point de vue.
    Cette envie soudaine de m’intéresser aux bateaux  arrivait à un moment où la clientèle de notre boutique commençait à m’ennuyer, les horaires réguliers commençaient à me peser.
    Je n’aime pas la routine et  là elle commençait à bien s’installer. je pense que la raison principale de ce revirement soudain en  fut la conséquence principale. Il est vrai qu’ une phrase revenait régulièrement à mes oreilles « le bateau c’est la liberté ». Ceci répété  pendant des années par Thomas mon compagnon avait  laissé des traces dans mon esprit. Comme quoi « le bourrage de crâne » existe bien.
    Les vacances annuelles arrivaient à point nommé, on nous avait conseillé de fermer notre boutique en Août car la féria de la ville de Béziers était réputée pour être très bruyante et les Biterrois profitaient de cette période pour  partir se reposer ailleurs au calme.
    Ce fut le  bon moment pour franchir un pas que je croyais à jamais infranchissable.
    Les revues  de bateaux avaient étés lues et relues, nous y passions toutes nos soirées jusque tard dans la nuit. Thomas ne  se privait pas d’argumenter à mesure  que les pages tournaient.
    La boutique était loin de nos préoccupations,  la petite graine commençait à germer.
    Une  inquiétude pourtant me hantait, j’avais la phobie de l’eau.
    Cette peur était arrivée d’une façon tout à fait inattendue quand j’étais enfant lorsqu’une grosse vague (à mes  yeux d’enfant) m’était  passée par dessus me faisant boire la tasse d’eau de mer.
    Cela avait suffit à faire rire ma mère mais pour moi ce fut terrible. Les traumatismes naissent parfois de peu de choses et durent toute une vie.
    C’est pour cela aussi que le choix de notre premier navire fut un bateau destiné à faire les canaux.
    Dans mon esprit les berges n’étaient pas loin, et si un problème survenait je me sentais suffisamment courageuse pour nager jusqu’au bord de la rive.
    Cela me rassurait suffisamment mais surtout encouragée fortement par Thomas qui commençait à voir son rêve se profiler à l’horizon.
    Beaucoup de  questions, les réponses fusaient aussi vite au fur et à mesure, m’encourageant, me rassurant surtout  pour les dangers éventuels. Thomas avait réponse à tout.
    Ce matin là....


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  • 1

    Pour bien comprendre il faut commencer par le début de cette aventure, car cela en fut une.

    Tout a commencé un après-midi dans une boutique que nous avions à l’époque, je ne sais pas pourquoi  l’dée m’était  venue de demander à mon compagnon d’aller acheter des revues de  bateaux. Je me souviens encore de  l’expression de son visage interloqué, figé  comme si ce qu’il venait d’entendre  venait  d’une voix de l’au delà...

     Il faut dire que depuis des années il me « bassinait » avec sa passion pour les  bateaux, je faisais souvent la sourde oreille pensant qu’un jour il  finirait  bien par se lasser.

     Pourtant ce jour là poussée par je ne sais quelle impulsion je luis  faisais cette demande  si soudaine. Je crois qu’il ne s’en ait jamais remis.

     Inutile de préciser qu’il n’ a pas attendu une minute de plus pour aller s’enquérir de  plusieurs revues qu’il me remit fièvreusement dans les mains.

     

     C’est ainsi que tout a commencé.


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  •   Mon meilleur souvenir  jusqu'à présent à été celui-ci, avec  ces quelques années passées en mer sur un voilier ketch de douze mètres cinquante. Il n'était pas commun et se remarquait avec ses  deux gros mats en bois et ses deux échelles de corde. Il ressemblait à un bateau pirate.

    Il s'appelait Téva en Polynésien Téva veut dire "Enfant du voyage".

    Voici le récit.

    Les articles  sont numérotés pour plus de facilitée car je  vais mettre les plus anciens  articles en premiers plus facile pour lire mon histoire.

     

     


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